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La verité sur la cocaïne

Qu’est-ce que la cocaïne?

La cocaïne (coke, coco, neige), chimiquement parlant hydrochloride de cocaïne, est extraite des feuilles de la coca, un arbuste des Andes (Bolivie, Colombie et Pérou). Elle se présente dans le commerce sous la forme d’une poudre blanche. Elle se sniffe ou s’injecte.

Le crack (ou free-base) est de la cocaïne transformée en base libre. Il se présente sous la forme de cailloux et se fume. Il induit une très forte dépendance et rend les sujets très agressifs, ce qui entraîne des comportements délictueux. (Ainsi, aux Etats-Unis, dans les années 90, la consommation massive de crack a entraîné une augmentation de la criminalité.)

La cocaïne est rapidement dégradée par l’organisme. Lorsqu’elle est sniffée, ses effets se font sentir très rapidement et durent environ 30 minutes. Après 90 minutes, la moitié de la dose a déjà été transformée en d’autres substances. Certaines d’entre elles peuvent être décelées dans les urines jusqu’à 4 jours après laprise. Avec le temps, le sujet développe une tolérance, c’est-à-dire que les effets diminuent, ce qui le pousse à augmenter les doses et la fréquence des prises (jusqu’à 20 par jour).

La cocaïne a pour effet d’empêcher la dopamine, un neurotransmetteur, de pénétrer dans les neurones dopaminergiques, si bien qu’elle agit plus longtemps sur les récepteurs du système de récompense. L’organisme est excessivement stimulé. Pendant la phase d’ivresse, le sujet est euphorique (il ressent un intense bien-être), hyperactif, il parle beaucoup, éprouve un fort besoin de contact, perd ses inhibitions, surestime ses forces. Ses facultés intellectuelles et créatrices sont stimulées mais elles ne peuvent être utilisées à bon escient en raison des autres effets sur le psychisme.

Les effets négatifs sont la méfiance, les hallucinations et un état confusionnel. En cas de consommation répétée, l’ivresse est de plus en plus souvent accompagnée d’agitation, d’irritation et d’insomnie. Le sujet sombre généralement dans l’isolement, la paranoïa (hantise d’être surveillé et menacé), la dépression et assez souvent le délabrement psychique.

Vers la fin de la phase d’ivresse, le sujet se sent abattu et déprimé et il risque de se suicider. Souvent, il est tellement épuisé qu’il s’endort. Mais bientôt, il éprouve le besoin irrésistible de consommer à nouveau de la drogue.

Dépendance

La cocaïne peut induire très rapidement une très forte dépendance. Même ceux qui s’imaginent pouvoir maîtriser leur consommation tombent peu à peu dans la dépendance. On estime que 90 % des usagers de cocaïne ont énormément de peine à décrocher.

Toutes les substances à effet euphorisant peuvent induire une dépendance. La cocaïne en est un bon exemple.

Polytoxicomanie

Les héroïnomanes s’injectent souvent un mélange d’héroïne et de cocaïne, ce qui les rend très vite dépendants. En outre, ils risquent de mourir d’une overdose et, s’ils pratiquent l’échange des seringues, de contracter une hépatite, le sida ou des inflammations infectieuses de l’endocarde (tunique interne du cœur) et des valvules cardiaques.

 

Effets néfastes sur l’organisme

En cas d’intoxication aiguë, on observe une accélération du rythme cardiaque, une augmentation de la tension artérielle, de la température du corps et du taux de glycémie, la dilatation des pupilles, des sueurs et la sécheresse de la bouche.

Le manque d’appétit provoque un amaigrissement, des troubles digestifs et un dessèchement du corps. La consommation prolongée peut entraîner des bourdonnements et des diarrhées, de même qu’une incapacité à se détendre et - malgré un état d’épuisement - des insomnies.

Muqueuse nasale

Le fait de sniffer la cocaïne provoque l’occlusion des vaisseaux des narines. Au moment où les effets de la drogue diminuent, le nez commence à couler. Les tissus se détruisent peu à peu et la cloison nasale peut se perforer. Il arrive que le sujet perde l’odorat.

Système cardio-vasculaire

L’intense vasoconstriction (rétrécissement) des vaisseaux sanguins conduit, malgré l’accélération du rythme cardiaque et de la tension, à un manque d’oxygène. Cela peut provoquer la formation de caillots dans le cœur, le cerveau ou les intestins. Il peut s’ensuivre un infarctus, une attaque cérébrale et - à cause du manque d’oxygène - des troubles du rythme cardiaque entraînant parfois un arrêt cardiaque mortel.

Cerveau

L’effet vasoconstricteur provoque des troubles de l’irrigation des tissus du cerveau et la destruction de nombreux groupes cellulaires, d’où des crises de convulsions, des paralysies persistantes, voire la mort. D’autres conséquences sont les troubles de la concentration, l’altération de la mémoire et des facultés d’apprentissage.

L’hypertension peut même provoquer des ruptures de vaisseaux suivies d’hémorragies cérébrales, ce qui favorise les crises de convulsions.

 

Grossesse et naissance

L’effet vasoconstricteur entraîne également une irrigation insuffisante du fœtus et un apport insuffisant en oxygène. Les conséquences possibles sont la mort de l’enfant, des naissances prématurées, un faible poids à la naissance, des handicaps mentaux, des malformations des membres ou des organes (p. ex. occlusion intestinale). Certains bébés naissent paralysés à la suite d’une apoplexie ou d’une hémorragie cérébrale. La mortalité infantile est nettement plus élevée que dans le reste de la population.

Embryopathie

La cocaïne affecte le développement du cerveau du fœtus. Le nouveau-né souffre alors d’un syndrome dont les caractéristiques sont les troubles du sommeil, les tremblements, les troubles du comportement alimentaire, l’irritation, les crises de convulsions. Le risque de mort subite est accru.

Enfants de parents consommateurs de cocaïne

Les enfants dont la mère est dépendante de la cocaïne souffrent, à la naissance, de graves symptômes de manque. En outre, comme les parents cocaïnomanes négligent leurs enfants et ne leur apportent pas l’intérêt affectueux dont ils ont besoin, ils ne peuvent guère développer de liens avec autrui. C’est en début de scolarité que les problèmes deviennent particulièrement évidents. Ces enfants ont de la peine à établir des contacts et à répondre correctement aux stimuli auxquels ils sont exposés. Ou bien ils réagissent de manière agressive ou bien ils se referment sur eux-mêmes. L’hyperactivité dont ils souffrent résulte à la fois de l’exposition prénatale à la drogue et au fait qu’ils vivent ensuite dans un environnement affectivement pauvre dans leur famille ou en foyer.

 

Overdose

La consommation de cocaïne par voie intraveineuse peut entraîner une overdose. La dose mortelle varie d’un individu à l’autre. Le décès survient par arrêt respiratoire ou cardiaque.

 

Cocaïne et conduite d’un véhicule

Pendant la phase d’ivresse, le sujet risque de surestimer ses forces et se met à rouler à une vitesse excessive. Les hallucinations et la paranoïa représentent un autre danger pour les conducteurs. Lorsque l’ivresse s’estompe, le sujet ressent un épuisement subit, un besoin irrésistible de dormir ou de l’agitation. Tout cela peut amener des réactions incontrôlées qui mettent en danger aussi bien le sujet lui-même qu’autrui.

 

Effets néfastes sur le psychisme

La consommation fréquente de cocaïne entraîne - comme celle de tous les stupéfiants - des modifications de la personnalité. Le sujet devient superficiel, insensible, asocial, sans retenue, voire violent.

Les insomnies, l’épuisement, l’irritation, l’indifférence et l’agressivité augmentent. Le plaisir sexuel faiblit et débouche sur l’impuissance. L’aptitude au travail diminue petit à petit, le toxicomane perd son emploi et se laisse aller. Il se livre à des activités criminelles pour se procurer l’argent dont il a besoin pour acheter de la drogue.

La consommation régulière de cocaïne peut entraîner les effets suivants sur le psychisme:

Syndrome amotivationnel

Les symptômes sont semblables à ceux produits par la consommation chronique de cannabis ou d’ecstasy: passivité, vide intérieur, sentiment que plus rien n’a de sens, absence de spontanéité, diminution de la motivation, de l’attention, de la concentration, de la capacité d’apprentissage et de l’intelligence pratique.

Anxiété et dépression

Le toxicomane est souvent sujet à des crises d’angoisse et à des états dépressifs accompagnés d’idées de suicide.

Paranoïa

De nombreux comportements délictueux violents pouvant aller jusqu’au meurtre proviennent du fait que l’usager de cocaïne perd le contrôle de soi à la suite d’un délire de persécution.

Délire du cocaïnomane

Le sujet est persuadé que de petits insectes grouillent sous sa peau. C’est le symptôme évident d’un délire entraînant souvent des complications mortelles.

Psychose du cocaïnomane

Le sujet souffre d’hallucinations, de délire de la persécution et de confusion mentale.

Etat de manque et dépression

Dès que l’effet de la cocaïne diminue, les symptômes de manque apparaissent: inquiétude, angoisse, agitation, désespoir, sentiment d’échec et de culpabilité, voire grave dépression.

 

Thérapie

La consommation de cocaïne, comme celle des autres stimulants, peut être arrêtée sans danger pour l’organisme. Il n’est pas nécessaire de procéder graduellement car on n’observe pas de symptômes physiques de manque.

Le traitement de la dépendance à la cocaïne obéit aux principes généraux de la thérapie des toxicomanies. Il consiste en général en quatre étapes: contact avec un médecin ou un centre de prévention et de traitement, sevrage, désintoxication et postcure.

Les dépressions peuvent être traitées aux antidépresseurs. Etant donné l’augmentation du risque de suicide et le besoin irrépressible de se procurer de la cocaïne (craving), la thérapie doit se faire en milieu hospitalier et sous surveillance. En outre, il faut prêter une grande attention à la prévention des rechutes, nécessaire souvent durant toute la vie du sujet.

 

Le mieux est de ne jamais commencer!

Ce n’est qu’après coup - donc toujours trop tard - qu’on peut savoir si l’on maîtrise la situation ou si l’on est esclave de la drogue.

 

 

 

 

Information sur les drogues et leurs effets sur l'organisme et le psychisme.

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