Un référendum pour empêcher la Suisse
de devenir la Colombie de l'Europe
par Jean-Philippe Chenaux, Centre Patronal, Paudex
Honneur à MM. Jean Henri Dunant (UDC/BS), Yves Guisan (rad./VD) et Kurt Wasserfallen (rad./BE) qui, au sein d'une Commission du Conseil national déboussolée, ont été les seuls à rejeter le projet de révision de la loi sur les stupéfiants et son dernier avatar, la proposition de taxer le cannabis. Le débat en plénum est fixé au 8 mai, mais comme il constitue le dernier objet de la session spéciale du Parlement, il pourrait bien être renvoyé en juin. Sans attendre un résultat qui sera de toute évidence favorable au calamiteux projet du Conseil fédéral, des représentants du monde politique et associatif - parents, enseignants et médecins en tête - multiplient les contacts pour lancer le référendum. Même si la collecte doit se dérouler de juillet à
septembre, nul doute que les 50'000 signatures exigibles seront réunies.
Ce sera le quatrième scrutin portant sur la politique en matière de drogue. En 1997, la très restrictive initiative Jeunesse sans drogue échoue mais l'analyse Vox conclut qu'"il serait hasardeux, et même erroné, d'interpréter le rejet massif de Jeunesse sans drogue comme un signe d'encouragement pour une politique beaucoup plus libérale". En 1998, c'est l'initiative Droleg favorable à la légalisation de facto de toutes les drogues qui fait chou blanc. L'analyse Vox relève alors une "grande homogénéité sociale et politique quant au refus d'une libéralisation des drogues". Un troisième scrutin, celui sur la prescription médicale d'héroïne à des toxicomanes, en 1999, est marqué par l'absence d'un véritable consensus, avec une courte majorité acceptante à l'échelle nationale et le refus de cinq cantons romands sur
six.
Négligeant ces données, le Conseil fédéral et une majorité de parlementaires refusent de voir la réalité helvétique en face. Cette réalité, c'est que, loin de contribuer à la réduction de l'offre et de la demande de drogues, la prétendue
"aide à la survie" introduite dans les années 90, avec notamment la distribution d'héroïne et l'ouverture de locaux pour la consommation de drogues illégales, est en train de phagocyter les trois autres piliers de la politique de la drogue que sont la prévention, la thérapie et la répression. Qu'il s'agisse de la consommation de cocaïne, d'ecstasy ou de cannabis, tous les indicateurs sont à la hausse, avec cette circonstance aggravante que l'âge auquel des adolescents s'initient à la drogue ne cesse de s'abaisser. La culture du
"chanvre à drogue", qui rapporte un million de francs à l'hectare contre 25'000 francs pour le tabac et près de 10'000 francs pour la pomme de terre, a pris de telles proportions que la Suisse, supplantant les Pays-Bas, est qualifiée par la presse allemande de "Paradies für Kiffer" (Der Spiegel, 7/2001). Après avoir obtenu l'ouverture de locaux pour l'inhalation de cocaïne, le lobby de la drogue réclame avec insistance la distribution de cocaïne "pure" aux cocaïnomanes. L'OFSP s'y oppose, mais pour combien de temps
encore?
La dérive helvétique a été sanctionnée en janvier 2002, au Conseil de l'Europe, lorsqu'une majorité de députés de tous horizons politiques a rejeté le rapport Flynn sur la toxicomanie, qui célébrait les prétendues vertus du
"modèle" suisse des quatre piliers. Un an plus tard, le Parlement français votait une proposition de loi aux termes de laquelle la conduite sous l'emprise de stupéfiants sera désormais passible de deux ans de prison et de 4'500 euros. Le dépistage des stupéfiants sera systématique en cas d'accident mortel. Comme la France, l'Allemagne continue de s'opposer à la dépénalisation du cannabis. A Vienne, c'est l'Organe international de contrôle des stupéfiants qui met notre pays en garde contre une légalisation de facto du cannabis. Ce serait, estime-t-il, une "erreur historique". Le gardien des conventions internationales continue de penser que si le projet de loi était adopté dans sa version actuelle, la législation suisse contreviendrait aux dispositions des traités internationaux. L'OICS rappelle opportunément que le cannabis d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec celui des années 60, puisque sa teneur en substance psychoactive a passé de 2 ou 3 % à plus de 17%. Mais il y a, à nos yeux, plus grave encore: le projet de loi donne au Conseil fédéral la compétence de limiter l'obligation de poursuivre les infractions concernant la consommation de drogues "dures". Ce serait là un puissant signal pour les dealers en même temps qu'un coup terrible porté à la prévention.
Puisse le peuple avoir le dernier mot et contrarier les plans de ceux qui veulent faire de la Suisse la Colombie de
l'Europe!
Source : L'AGEFI/ 25-26-27 avril 2003
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Ruth Dreifuss ne mérite pas de louanges
La Conseillère fédérale Ruth Dreifuss se
retire. Son action au cours des 9 dernières années est jugée positive même par la
droite. Ainsi la Neue Zürcher Zeitung titrait le 1er
octobre: "Ruth Dreifuss, lutteuse carrée et compétente en matière sociale - concert de louanges à propos de son
action". A-t-elle vraiment mérité ces louanges? A considérer son action dans le domaine de la drogue en tant que responsable de l'Office fédéral de la santé
publique, il faut répondre "Non".
Souvenons-nous. Au début des années 90, la municipalité de Zurich, sous la responsabilité du PS et du PRD, renonça à vouloir guérir les toxicomanes et à poursuivre pénalement le trafic de drogue en ville. Ce laxisme sans pareil entraîna le développement fulgurant de la
"scène ouverte" dans le centre-ville. Quiconque attendait le tram ou se promenait le long de la Limmat pouvait voir des trafiquants se livrer librement à leur commerce répugnant avec des jeunes tentés par les stupéfiants. Les attaques de passants et les cambriolages se multiplièrent à la vitesse grand V. Le butin était ensuite vendu au Platzspitz ou au Letten. Quant à la
police, elle n'eut plus d'autre choix, pendant longtemps, que de laisser faire, intervenant uniquement dans les cas les plus graves. Telle était la politique de la municipalité. En novembre 1993, Mme Dreifuss fit une visite officielle à la
"scène ouverte" zurichoise et apporta son soutien actif à la politique
"pionnière" de la Ville.
Au cours des années 90, avec l'aide de l'Office fédéral de la santé publique sous sa
tutelle, la conseillère fédérale, oeuvra au plan national en faveur de la libéralisation des stupéfiants.
Ainsi, à sa demande, le Conseil fédéral adopta en mars 2001 un projet de révision de la Loi fédérale sur les stupéfiants visant à légaliser la prescription d'héroïne, à libéraliser la consommation de cannabis et à tolérer largement sa culture et son
commerce. En outre, le Conseil fédéral (le pouvoir exécutif!) devrait décider à l'avenir quand la police et les tribunaux - en fonction du
"principe d'opportunité" - doivent intervenir dans les cas de consommation de drogues comme l'héroïne, la cocaïne ou
l'ecstasy. En décembre 2001, le Conseil des Etats a - chose incompréhensible - approuvé le projet du Conseil fédéral. Seuls huit députés de Romandie s'y sont vainement opposés. Le débat du Conseil national sur cette question aura lieu lors de la session d'hiver ou du printemps
prochain.
La politique irresponsable menée au cours de la dernière décennie par Ruth Dreifuss a déjà causé des dommages considérables dans la nouvelle génération. Selon les dernières enquêtes de
l'Institut suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA), une proportion sans cesse croissante de jeunes des écoles
primaires, secondaires et professionnelles a fait l'expérience de drogues illégales comme la
marijuana, le haschisch et l'ecstasy. Nombreux sont ceux qui
redoublent, perdent tout intérêt pour le travail scolaire et tombent dans l'indifférence. Quand leur entourage ne peut pas les
aider, ils s'enfoncent de plus en plus. Ces vies gâchées causent aux parents également bien des
souffrances, bien des nuits blanches et des larmes
d'impuissance. Faute de les aider à décrocher et à retrouver le chemin d'une vie indépendante, la politique libérale en matière de toxicomanie les maintient dans la dépendance. Ruth Dreifuss ne mérite vraiment pas d'être félicitée de cette aberration sanctionnée par
l'Etat.
Henriette Hanke Güttinger, Gockhausen ZH
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Licence pour production d'héroïne en Suisse
Suite à l'octroi par la Confédération d'une licence pour produire de l'héroïne en Suisse, l'Union Démocratique Fédérale (UDF) annonce qu'elle soutiendra le recours des assureurs-maladie contre le remboursement des injections d'héroïne.
L'UDF, qui a lancé le référendum contre la distribution d'héroïne sous contrôle médical a pris acte avec consternation de la décision de la Confédération d'autoriser la production d'héroïne sur territoire suisse.
Pour l'UDF, c'est un signe supplémentaire de résignation, voire de capitulation de notre pays face au fléau de la drogue qui donne une image déplorable à l'étranger. L'UDF se demande par ailleurs comment nos autorités expliqueront à notre jeunesse qu'il ne faut pas toucher à l'héroïne, alors qu'il s'en produira et distribuera en Suisse.
L'UDF rappelle que la prescription d'héroïne n'est pas encore inscrite dans notre Constitution fédérale. D'autre part, selon l'article 32 de la LAMal, les prestations remboursables par l'assurance maladie doivent être " efficaces, appropriées et économiques ". Elle estime que le remboursement de prestations liées à la distribution d'héroïne va à l'encontre de cet article, le coût des prestations à charge de l'assurance de base dans ce domaine se montant à plus de 12 millions de francs. A l'heure où les primes des caisses maladie ne cessent d'augmenter, l'UDF considère qu'il fait renoncer à la prise en charge de telles prestations.
Tout comme le rapport d'évaluation d'experts de l'OMS publié en avril 1999, l'UDF estime qu'il n'est pas possible de savoir si la prescription d'héroïne est la cause de l'amélioration de l'étant de santé et du comportement social des personnes traitées, ou si ces changements sont imputables à l'aide médico-sociale qui devait dans tous les cas leur être assurée.
Pour l'UDF, l'héroïne n'a rien d'un médicament. C'est un produit qui engendre de graves séquelles, ainsi qu'une forte dépendance psychique et physique. Elle s'étonne donc du préavis favorable donné par l'Office intercantonal de contrôle des médicaments (OICM) au sujet de l'inscription de l'héroïne dans le registre des médicaments. L'UDF soutiendra donc le recours des assureurs-maladie contre le remboursement des injections d' héroïne.
Pour finir, l'UDF rappelle que l'ensemble des cantons
Romands, à l'exception de Genève, ont rejeté la distribution d'héroïne en votation populaire le 13 juin 1999.
Maximilien Bernhard,
secrétaire romand de l'Union Démocratique Fédérale,
Yverdon-les-Bains, le 4 janvier
2002
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